Une collection de titres véritablement rarissimes...

Note globale


...de sources mal choisies, tronquées, inécoutables et irregardables. La sortie c'est par là.

Editeur : FNM
(Faith No More. C'est clur, on vous fera plus jamais confiance)
Durée totale : 1 h 06

(MPEG I !!! Le top de la technologie de 1991 !)

Image        NTSC

Non merci, ça ira... On a déjà assez souffert.

Un mélange de sources complètement ruinées, de trucs filmés déjà n'importe comment à l'époque et transférés à l'arrache avec son et image désynchros, de rips VHS de quinzième main, et de kitcheries d'époque dont maintenant tout le monde a honte... Sauf l'éditeur, bien sûr.
Une bouillasse informe, souvent à la limite du mono, mais du genre qu'on aimerait que ce soit vraiment en mono, histoire que les hauts-parleurs s'équilibrent. Les transmissions radio des tranchées de 14-18 étaient sûrement de meilleure qualité.
Si les 12 (eh oui) titres ci-inclus étaient présentés dans leur intégralité dans des conditions techniques décentes, ça vaudrait 8. J'ai dit : "si".
Vous connaissez l'histoire de la mygale et du pois sauteur ? Ben eux non plus.


Dans le système pénal DDS-ien, les amateurs de DVD musicaux sont représentés par deux organes distincts mais d'égale importance : la Police qui enquête sur les crimes, et le Parquet qui poursuit les criminels.

Voici leur histoire.

Central Park, 12 mars 2007 10h15

Deux joggers comme il y en a tant à New-York se faufilent entre quelques spécimens-type des clientes d'Al Bundy , à la recherche d'un chemin un peu moins emprunté.

-Il était temps qu'on sorte de là. T'as vu la grosse, là ? On a pas idée de mettre un caleçon moulant bleu fluo quand on un physique à se faire descendre par Buffalo Bill.

-Pourquoi, ça te rappelle ta femme en ce moment ?

-Ma femme est enceinte, et dans quelques semaines, ce sera fini.

-Et oui, fini. Dans quelques semaines, tu pourras dire adieu à ton couple, à tes nuits, à ta tranquillité, à tes vacances et à la possibilité d'écouter tranquillement des disques. La prochaine fois qu'il y aura de la musique en écoute chez toi, ce sera la musique de djeunz de ton futur adolescent boutonneux en plein âge bête.

-Tant qu'il n'écoute pas les derniers Dir en Grey...

-Eduque-le avec Blitz 5 Days !

-Pour l'instant je lui fait écouter les remaster de Depeche Mode, si après ça il me gonfle avec un ersatz à la mode de Tokio Hotel, je le colle en pension chez les jésuites.

-Il est pas encore né je te signale, ça sert à rien de lui faire écouter quoi que ce soit !

-Détrompe-toi. De nombreuses études ont prouvé que les foetus entendaient et mémorisaient les sons entendu pendant la grossesse, tout du moins la dernière partie. C'est comme ça qu'ils reconnaissent les voix de leurs parents.

-Et la musique ?

-Aussi. Je connais un gars qui bosse pour un site de DVD musicaux en France. Il est né en 77, il a été formé à l'Oxygène de Jarre. Ça l'a vraiment marqué, il l'écoute encore aujourd'hui.

-... ce qui n'est pas peu dire vu l'intérêt de Téo & T... attends, c'est quoi ce truc là-bas !?

(ils s'arrêtent)

-Hein ?

-Là, sous l'arbre dans le coin ! On dirait...

-Une jambe. Sûrement un SDF ou un camé quelconque, laisse tomber.

-Un SDF avec les dernières Nike aux pieds ? M'étonnerait. Et si c'est un camé, je préfère aller voir que de me faire poursuivre pour non-assistance s'il est en train de faire une overdose.

Il s'approche du corps immobile. Le teint cireux ne laisse aucun doute quant à l'état du corps : mort, et depuis plusieurs heures.

-Alors ? Camé ?

-Peut-être. T'as ton portable ? Alors appelle la police. Vu son état, il ne s'injectera plus jamais rien...

Plan rapproché sur le mort. Marqué par un très grand nombre de blessures, il arbore de surcroît une expression de la plus complète horreur.


Central Park, 11H30

Les inspecteurs de la brigade criminelle Lennie Briscoe et Eddy Green arrivent sur les lieux du crime, alors que les médecins emportent le corps.

Briscoe - Règlement de compte entre paumés ? Ils pensaient que buter quelqu'un au milieu de la verdure permettrait de rendre son corps à la terre plus vite, sans doute ?

Green - On va vite le savoir. "Hep", dit-il à l'adresse de l'un des policiers de garde, "Alors" ?

Policier 1 - La victime s'appelait John Pratt, marié, 1 enfant, habite le Queens ; il était professeur d'histoire. Aucune trace de bagarre, ni aucune blessure hormis celles qu'il s'est lui même infligé.

Green - Lui même ?

Policier 1 - Apparemment c'est un suicide. Pas de bagarre, pas de signe d'une quelconque overdose... Il semble qu'il se soit auto-mutilé jusqu'à ce que mort s'en suive.

Briscoe - Attendez, vous allez pas me dire que ce gars s'est lui-même tranché la gorge ! Il y a quand même des façons moins... salissantes de se suicider !

Policier 1 - Pourtant c'est probablement ce qui s'est produit. Maintenant il faudra attendre les résultats du labo, mais il n'y a pas trop de doutes.

Green - A sa tête, on pourrait croire qu'il a vu le démon en personne...

Policier 2 : Inspecteur ! Venez voir !

Green - Qu'y a t-il ?

Policier 2 - Regardez ça.

Sur une plaque d'accès aux sous-sols, juste à côté du lieu de décès de la victime, quelques lettres de sang sont inscrites.

Briscoe - "Atom Hear" !? Évidemment, il a fallu qu'on tombe sur un fan de Dan Brown... Vous avez une idée ?

Green - Aucune. Mais sa veuve en saura peut-être plus.


Queens, Maison des Pratt, 13 mars 2007 - 14h00


Green - Madame Samantha Pratt ? Inspecteurs Green et Briscoe de la brigade criminelle. Toutes nos condoléances pour la mort de votre époux.

Mme Pratt - Inspecteurs... ? Je... Euh... Entrez, je vous en prie. On m'a dit qu'il s'agissait d'un suicide, je ne pensais pas qu'il y aurait une enquête.

Briscoe - C'est la procédure normale. Avez-vous une idée de ce qui aurait pu pousser votre mari à commettre un tel geste ? Etait-il déprimé ? Des problèmes au travail ?

Mme Pratt - Non il allait... très bien. Du moins c'est ce que je croyais. Pour un professeur de collège les choses se passaient même étonnamment bien, compte tenu de la difficulté d'enseigner à cette classe d'âge. Il s'entendait aussi très bien avec ses collègues et sa hiérarchie... Non, il n'avait aucun problème au travail.

Green - Pas de problème financier non plus ?

Mme Pratt - Sa paye était tout à fait correcte. Quant à moi, je travaille dans un labo, et je suis très bien payée. Nous vivions très bien. Je ne comprends pas...

Green - Y aurait-il des gens susceptible de lui en vouloir ?

Mme Pratt - ?? Il s'agit bien d'un suicide, non ?

Green - Oui, mais pour l'instant nous n'écartons aucune hypothèse.

Mme Pratt - Je ne vois personne qui aurait pu lui en vouloir, surtout à ce point. Mais je ne connais pas personnellement tous les gens qu'il fréquentait.

Briscoe - Quelqu'un pourrait-il nous renseigner sur ces possibles "autres gens" ?

Mme Pratt - Peut-être Claudia Brown. C'est sa plus ancienne amie, ils se connaissent depuis le primaire et se voient régulièrement.

Green - Aucune possibilité de... disons jalousie ?

Mme Pratt - Oh non. Nous nous entendons très bien. C'est elle que j'ai prévenu en premier. Elle est sans doute aussi remuée que moi.

Briscoe - Bien. Merci Mme. De nouveau toutes nos condoléances. Nous vous tiendront informer des conclusions de l'enquête.

Green - Juste une chose : auriez-vous une idée de ce que peut signifier "Atom Hear" ?

Mme Pratt - Aucune. Pourquoi ?

Green - Juste une question, ne vous inquiétez pas.


Green et Briscoe reçoivent un coup de téléphone de la part d'Anita Van Buren, leur commissaire.


Van Buren - "Mauvaise" nouvelle : on n'a trouvé aucune trace d'empreintes ou d'ADN autres que ceux de la victime. Il s'agit bel et bien d'un suicide.

Green - Il y a quand même quelque chose de louche dans cette histoire. Pourquoi un gars pour qui tout allait bien irait-il se suicider, surtout d'une telle façon, comme ça, au beau milieu de Central Park ? C'est peut-être un suicide, mais si quelqu'un l'y a pousser, il faut le trouver.

Van Buren - Vous avez une piste ? On ne peut pas non plus se permettre de perdre trop de temps sur un "bête" suicide.

Green - Pas vraiment, mais on n'a pas encore de réponse à toutes nos questions.

Briscoe - Ce "Atom Hear" me chiffonne. Ça me rappelle quelque chose, en plus...

Green - Nous allons rendre visite à une amie d'enfance de la victime. On verra après.

Van Buren - D'accord. Mais si vous ne trouvez rien, il faudra passez à autre chose.

Green - Oui, on a bien compris...


Queens, appartement de Mlle Brown, 17h45


Green - Mademoiselle Claudia Brown ? Inspecteurs Green et Briscoe de la brigade criminelle. Nous enquêtons sur la mort de John Pratt. Son épouse nous a dit que vous connaissiez la victime de longue date ?

Mlle Brown - Depuis l'école primaire. Nos parents étaient voisins -ils le sont toujours-, nous avons fait toute notre scolarité ensemble... Et on ne s'est jamais perdu de vue.

Briscoe - Des liens très fort, donc... Qu'est ce qui aurait pu le pousser à se suicider, d'après vous ?

Mlle Brown - C'est la question que je ne cesse de me poser. Je l'ai vu quelques heures à peine avant sa mort, il allait parfaitement bien. Il avait même fait un détour par ici juste pour me parler d'un achat fantastique qu'il avait fait.

Green - Quel était cet achat ?

Mlle Brown - Le problème, c'est justement qu'il voulait me faire la surprise. Il m'a juste parlé d'un DVD...

Briscoe - Il semble que vous vous voyiez fréquemment.

Mlle Brown - Nous sommes amis depuis tellement longtemps...

Briscoe - Tout de même, c'était un homme marié. Voir si souvent une femme séduisante qu'il connaît depuis si longtemps, même une amie d'enfance c'est...

Mlle Brown (passablement choquée) - Allez au bout de votre pensée, inspecteur !

Briscoe - On pourrait penser à certaines... Pressions de votre part...

Mlle Brown - Si vous croyez que j'ai poussé mon ami au suicide en insistant pour qu'il quitte sa femme pour vivre avec moi, vous vous trompez lourdement.

Briscoe - Les apparences pourraient...

Mlle Brown - Je me fiche des apparences ! Je m'entends très bien avec Samantha, et John était heureux avec elle. Je n'ai -je n'avais- aucune raison de les séparer, je ne suis pas du genre à souhaiter le malheur de mes amis. Quant à ma vie sentimentale, ne vous inquiétez pas, elle se porte très bien. Je partage la vie du même homme depuis 10 ans. Nous avons juste une conception de la vie amoureuse un peu plus "libre" que la moyenne.

Briscoe - Très bien, très bien, calmez-vous je vous en prie. Mais dans ce cas, pourquoi vous voyiez-vous si souvent ?

Mlle Brown - Sans doute parce qu'il est agréable de voir ses amis, inspecteurs. Et puis nous avions beaucoup de choses en commun, notamment notre passion pour Pink Floyd.

Green - Pink Floyd... Le groupe anglais ?

Mlle Brown - Oui. Nous étions fans depuis des années. Notre plus grand regret est d'être né trop tard pour assister aux concerts de The Wall...

Briscoe - Attendez... Je me demande... Est-ce que les mots "Atom Hear" vous évoquent quelque chose ?

Mlle Brown - "Atom Hear" ? "Atom Heart" vous voulez dire ! Bien sûr ! Attendez.

Elle se lève, fouille dans un tas de vinyles à côté de sa chaîne stéréo, et revient avec un disque dont la pochette est la photographie d'une vache.

Briscoe - Je savais bien que ça me rappelait quelque chose !

Mlle Brown - Atom Heart Mother, 5ème album de Pink Floyd, paru en 1970. Un album culte, même si ses auteurs ne veulent quasiment plus en entendre parler. Mais pourquoi cette question ?

Green - Et bien la victime, enfin M. Pratt, a laissé le message "Atom Hear" avant de mourir.

Mlle Brown - Hein !? Mais... Pourquoi ? Ça n'a aucun sens !

Green - Nous espérions que vous pourriez nous aider à ce sujet aussi...

Briscoe - Se pourrait-il que cela est un rapport avec cette fameuse surprise ?

Mlle Brown - C'est à dire ?

Briscoe - Et bien vous étiez tous deux fans de Pink Floyd, et c'est à vous qu'il voulait faire une surprise, jusqu'à venir exprès vous en parler.

Mlle Brown - Mais il n'existe aucune prestation filmée d'Atom Heart Mother disponible dans le commerce...

Briscoe - Et si c'était précisément ÇA la surprise ? Vous parliez d'un DVD, n'est ce pas ? Quel intérêt aurait, pour un fan de Pink Floyd comme vous et M. Pratt, un DVD de rareté de Pink Floyd contenant une version live filmée d'Atom Heart Mother ?

Mlle Brown - Ce serait... à se damner. De quoi sauter sur le DVD dans la seconde, à n'importe quel prix, ou presque ! Mais... De là à se suicider pour ça, aucun de nous deux n'a jamais été décérébré à ce point. On préfère laisser ça aux fans de jeux vidéo. Ils ont de quoi faire avec la DS et la Wii.

Green - C'est tout de même assez troublant. Je crois qu'il faut qu'on mette la main sur ce DVD !


Commissariat, 15 mars 2007 9h30


Green - Alors, toujours aucune trace de ce satané DVD ?

Policier - Désolé inspecteur, pas moyen de mettre la main dessus. L'épouse de la victime nous a indiqué toutes les cachettes de sa maison, et rien. Il devait en connaître une autre encore meilleure...

Briscoe - ... ou alors il l'a brûlé pour que plus personne ne le voit ! Parce que si c'est ce DVD qui l'a poussé à se tuer, son expression à sa mort en dit long sur l'horreur qui doit y être enregistré !

Van Buren - J'ai une bonne et une mauvaise nouvelle pour vous, les gars. La bonne, c'est ça :

Van Buren montre à Briscoe et Green un sachet contenant un DVD à la pochette puant l'amateurisme Photoshop, intitulé "Pink Floyd Live Anthology".

Van Buren - Je crois qu'il y a de bonne chance pour que ce soit un autre exemplaire de celui que vous cherchiez. La mauvaise nouvelle, c'est qu'on la trouvé à côté d'un cadavre. Pauline Sanson, 53 ans, nourrice, résidant à Manhattan. Elle s'est suicidé en se tranchant la jugulaire avec le disque.


Manhattan, domicile des Sanson, Angle de la 45ème Rue et de la 10ème Avenue, 16 mars 2007, 13h


Green - M. Sanson ? Inspecteurs Green et Briscoe de la brigade criminelle.

La porte s'ouvre sur un homme visiblement accablé de chagrin. Il invite Green et Briscoe à entrer.

M. Sanson - Vous enquêtez sur la mort de ma chère Pauline ? Je ne saurais vous aider messieurs, je ne comprends pas pourquoi elle a...

Briscoe - Les circonstances de la mort de votre épouse ressemblent étrangement à celles entourant la mort d'un homme à Central Park. Nous avons de bonne raisons de penser que cet homme et votre épouse ont été poussé au suicide.

M. Sanson - Poussé au suicide ? Mais par quoi ?

Green - Par un DVD au contenu particulièrement traumatisant. Votre femme était-elle fan de Pink Floyd ?

M. Sanson - Oh oui. Moi je ne suis pas très intéressé par eux, ni par la musique en général, mais elles les adorait, depuis des années et des années. David Gilmour a été sont premier amour. Je dois avouer que parfois j'en étais presque jaloux ! Il y a 7 ans, elle a même été jusqu'à faire le voyage entre plusieurs villes de la côte Est afin de suivre la tournée de Roger Waters. Ça nous a coûté très cher mais... Elle était tellement heureuse !

Green - Les policiers ont trouvés ceci (il montre une photocopie de la pochette du DVD Pink Floyd Live Anthology) à côté d'elle. Pouvez-vous nous renseigner à son sujet ?

M. Sanson - Elle l'a acheté il y a quelques jours, au Tower records d'à côté. Il contient plusieurs titres anciens en vidéo, des trucs très rares à ce qu'elle m'a dit. Elle regrettait d'être trop occupé pour pouvoir le regarder tout de suite. Vous avez parlé d'un DVD au contenu traumatisant... Ce serait ce DVD ? Mais comment est-ce possible ?

Briscoe - C'est ce qu'on essaye de savoir. En attendant nous vous remercions pour votre aide, elle nous sera très utile. Ah, et tant que vous y êtes, si vous connaissez d'autres fans de Pink Floyd, dites-leur bien de ne surtout pas regarder ce DVD. C'est beaucoup trop risqué.


Extérieur du domicile des Sanson, 14h.


Briscoe - J'appelle Van Buren. Si ce DVD est vraiment en vente libre dans les Tower et autres Virgin, on va avoir une armée de cadavre sur le dos. Commissaire ? Il n'y a pratiquement aucun doute sur l'origine des suicides ! Il faut retirer ces DVD de la vente avant qu'il ne soit trop tard.

Green - Il faut aussi mettre la main sur l'éditeur. je crois qu'on a quelques questions à lui poser.

Van Buren - Je transmets. En attendant, il serait bien que vous vérifiiez la nocivité des images avec un fan. Pourquoi ne pas vous demander à cette demoiselle, l'amie de la première victime ?

Briscoe - Claudia Brown ? Pourquoi pas ! Si le DVD est ignoble à ce point, avec elle à côté, on aura au moins quelque chose d'agréable à regarder.


Appartement de Mlle Brown, 17h


Green sonne à la porte... Aucune réponse.

Briscoe - Elle nous a bien dit qu'elle était là, pourtant ?

Green - Elle est peut-être sorti acheter des Donuts, les gens croient que c'est ce qu'il y a de mieux quand on reçoit des flics...

Briscoe - Attendez, j'entends quelque chose...

Mlle Brown (faiblement) - non... nOOOONN ! Ils... Ils ne sont pas en place, chantent faux, ils jouent n'importe comment ce... ce n'est pas possible ! Ce n'est pas Pink Floyd !

Briscoe - Mlle Brown ? Mlle Brown ! C'est la Police ! Ouvrez !

Mlle Brown (désormais proche de l'hystérie) - AAAAAAAAHHHH !!! FLAMING CHANTÉE FAUX PAR GILMOUR !! NOOOOOON !!

Green - Je crois que c'est plus l'heure des politesses...

Il défonce la porte

Green - Mademoiselle Brown !

La (relativement) jeune femme est étendue sur le canapé, inconsciente, le sang s'écoulant abondamment des larges blessures qu'elle vient de se faire à ses deux poignets.

Green - Lennye ! Une ambulance, vite !

Sur la télévision, une bouillie d'image entre live et clip, effroyable, irregardable, indecriptible, défigure la décoration cosy du salon de Mlle Brown, pendant que l'ampli de la stéréo crachotte avec peine une infâmie sonore non identifiable, témoignage ultimement infidèle d'une chanson qu'un grand groupe avait un jour nommé Cymbaline.


Commissariat, 19 mars 2007, 11h.


Claire Kincaid, assistante du Substitut du Procureur Jack McCoy discute de l'affaire avec les enquêteurs.

Kincaid - Des gens qui se suicident à cause d'un DVD... C'est du jamais vu, mais ça ne restera pas impuni. L'incitation au suicide, même par procuration, est lourdement condamnable. Si vous trouvez l'éditeur, coffrez-le, il n'échappera pas à la justice. Qu'en est-il de la dernière victime ?

Green - Mlle Brown ? Elle s'en sortira, on a eu de la chance d'être sur place.

Kincaid - J'espère qu'elle acceptera de témoigner.

Green - Elle a déjà confirmé vouloir le faire. Elle refuse que des salopards souillent le nom de Pink Floyd pour se faire du fric.

Van Buren - Bonne nouvelle, on vient juste de trouver l'éditeur : Monsieur Edward Nacker, PDG de la filiale US de Falcon Neue Medien. Sa société loue quelques bureaux "Downtown".

Briscoe - Et bien de la part de tous les fans de Pink Floyd de ce pays, allons lui témoigner de notre gratitude en lui offrant de jolis bracelets chromés !


Siège Social de FNM USA, 12h15


E. Nacker (entre deux bouchée de son sandwich) - Comment peuvent-ils retirer nos DVD de la vente ! Comme si on était responsable de la fragilité mentale de certains acheteurs !

Employé - Il faut tout de même reconnaître que ce qu'on a sorti n'est pas de première fraîcheur...

E. Nacker - Et alors ! Pas notre faute si les gens achètent n'importe quoi tant qu'il y a écrit le nom de leur groupe préféré dessus. Ça a marché avec Toto, vont pas venir nous faire chier maintenant ! Un de nos concurrent a sorti des Live d'Ayabie. A mes yeux c'est bien pire enco... Messieurs ?

Green - M. Edward Nacker ?

E. Nacker - Lui-même.

Green - Je vous arrête pour mise en danger de la vie d'autrui et incitation au suicide sur les personnes de John Pratt, Pauline Sanson et Claudia Brown. Vous avez le droit de garder le silence. Si vous décidez de ne pas user de ce droit, tout ce que vous direz pourra être retenu contre vous [etc, etc, etc, on connaît, hein ^^ ].

E. Nacker - Mais enfin, vous plaisantez ?

Briscoe - Je connais 2 cadavres et une femme à l'hôpital qui n'ont plus trop le sens de l'humour... Allez, on vous embarque !


Tribunal, Juge des Cautions, 21 mars 2007


Juge Ghis - Affaire suivante, Ministère Public contre M. Edward Nacker, PDG de la société FNM.

Phoenix Wright (avocat de la défense) - Monsieur le Juge, le ministère public n'a absolument aucune raison de retenir mon client. Ce qui lui est reproché est absolument grotesque ! On ne peut pas mettre quelqu'un en prison pour un misérable DVD !

Kincaid - Le "misérable DVD" en question est à l'origine de la mort de 2 personnes, votre honneur, et une troisième est toujours en soins intensifs. M. Nacker a édité un DVD sans prendre gare au risque gravissime engendré par son visionnage. Nous demandons une caution de 500 000 dollars.

Wright - C'est insensé ! Mon client n'a pas les moyens de payer une telle caution, et n'a de toute façon aucune intention de se soustraire à la justice. Il a bien l'intention de faire valoir ses droits et de demander réparation pour cette mise en examen parfaitement ridicule !

Kincaid - FNM est une société transnationale. Rien ne nous dit que M. Nacker ne va pas se servir de ses contacts à l'étranger pour quitter le pays.

Juge - C'est un risque assez faible, Mlle Kincaid. Toutefois au vu l'étrangeté du cas, je préfère que le prévenu reste à la disposition de la justice. La caution est fixée à 300 000 dollars.

Bureau du Procureur, 21 mars 2007


Kincaid - Il ne pourra pas s'enfuir, Jack, si sa société paye la caution, c'est la faillite assurée, ils ne le feront pas.

Jack McCoy (substitut du Procureur) - Voilà qui va nous laisser un peu de répit. A t-on du neuf sur la façon dont a été produit ce DVD ?

Kincaid - D'après les enquêteurs, il a été fait à partir de différents bootlegs traînant sur le net, sous l'égide directe de Nacker.

McCoy - Il aurait lui-même choisi les images contenu dans le DVD ? Il nous facilite la tâche !

Nora Lewin (Procureur Général) - Ne vous emballez surtout pas, Jack. Ce cas est une première, il n'y a aucune jurisprudence.

McCoy - Peut-être, mais il y a la Loi. Distribution à grande échelle d'un produit potentiellement dangereux, mise en danger de la vie d'autrui, incitation au suicide, et deux morts dans l'histoire -ceci en espérant que nous ayons bien retiré tous les exemplaires de la vente-, largement de quoi l'emmener devant le Grand Jury.

Lewin - Vous oubliez une chose : c'était un produit adressé aux Fans. Ils connaissent le groupe, et étaient parfaitement conscient de ce qu'ils allaient trouver sur un DVD d'archives Live.

Kincaid - D'après Mlle Brown, les fans de Pink Floyd ont généralement accès à des archives de bien meilleure qualité, et gratuitement, sur Internet. La laideur du contenu de ce DVD était totalement inattendue.

Lewin - Faite tout de même attention où vous mettez les pieds. Le marché est inondé de ce genre de produit bas de gamme, vendu sur le dos des fans. La défense risque de capitaliser sur ce point.

McCoy - Justement, Nora. Je crois que c'est l'occasion rêvée pour montrer à tous ces grossistes malhonnêtes que l'on n'a pas le droit de vendre n'importe quoi sous prétexte qu'il y a toujours des gens pour l'acheter. Il est temps d'en finir avec ces méthodes de chasse aux pigeons !


Tribunal, entretien préliminaire avec le juge chargé de l'affaire, 31 mars 2007.


Juge Gabranth - Donc si je vous suis bien M. McCoy, le DVD édité par le prévenu a fait se suicider 2 personnes ?

McCoy - C'est cela.

Juge - Avez vous des éléments concret pour engager la responsabilité de ce M. Nacker.

McCoy - Oui Mme la juge : les deux victimes avaient toutes deux regardé le DVD en question juste avant de commettre l'irréparable. La deuxième l'avait même près d'elle lorsqu'on l'a trouvé.

Wright - Et la première ?

McCoy - Les enquêteurs ont trouvé inscrit les mots "Atom Hear" à côté de la victime, laquelle les avaient écrit avec son sang avant de mourir. Il a été clairement montré que ces mots faisaient référence à Atom Heart Mother, l'un des albums du groupe auquel est consacré le DVD.

Wright - Je ne crois pas avoir lu dans le dossier qu'une quelconque référence directe au DVD ait été trouvé autour de la victime.

McCoy - Que faites-vous du message !?

Wright - Le message fait effectivement directement référence à Pink Floyd, M. McCoy, mais pas au produit de mon client. Atom Heart Mother ne fait pas partie des titres présent sur le disque.

Juge - C'est exact, M. McCoy, aucun des 11 titres ne porte ce nom.

Wright - Mme le Juge, étant donné qu'aucun lien ne peut-être établi entre la première victime et le produit de mon client, je demande l'abandon des chefs d'accusation concernant cette affaire.

McCoy - Il nous reste encore une victime, ainsi qu'encore une qui aurait pu y passer sans l'intervention de la Police. Votre client ne s'en sortira pas aussi facilement.

Wright - Je crains que si. Ce produit a été produit et distribué avec tous les soins nécessaires. Ce n'est pas de la faute de mon client si certaines personnes un peu trop sensible se sont procurés son produit sans se renseigner préalablement sur son contenu, il ne peut pas être tenu responsable.

Juge - Il marque un autre point, M. McCoy.

McCoy - DDS contre Sony Music Entertainment, votre honneur ! Le pressage du live de Jean-Jacques Goldman était tellement défectueux qu'il faisait planter une large partie des lecteurs du marché. La maison de disque a été obligé de mettre en place une procédure d'échange. Si la responsabilité de l'éditeur a pu être engagée pour des bris de matériel, elle doit l'être en cas de mort d'homme !

Wright - Vous ne pouvez pas comparer quelques lecteurs abîmés à des suicides, enfin !

Juge - Effectivement M. Wright, dans le cas présent, la situation est bien pire. Les chefs d'accusation sont rejetés pour la première victime, faute de liens suffisamment probant. Par contre, j'ai bien peur que votre client ne doive s'expliquer du second cas devant le Grand Jury.

Bureau du Procureur, 2 avril 2007


Lewin - Finalement, vous tenez votre procès, Jack.

McCoy - Oui mais il m'a en partie filé entre les doigts. Pourquoi ce Pratt a t-il eu besoin d'inscrire le titre d'un morceau absent !

Lewin - Nous pouvons quand même être fier d'une chose : la défense a invoqué pile l'argument prévu.

Kincaid (entrant dans la pièce) - Il est trop tôt pour crier victoire. On vient de recevoir ça : Nacker change sa défense, il n'est plus question de laisser la responsabilité au public dégénéré.

McCoy - Evidemment, pas assez vendeur devant un Jury... Qu'ont-ils trouvé à la place ?

Kincaid - Virage à 180° : désormais ils assurent avoir fait tout cela "avant tout pour le plaisir du fan".

Lewin - Au moins, ils ne manquent pas d'aplomb...

McCoy - Certainement... Mais ça ne leur suffira pas !


Tribunal, 8 juillet 2007, 1er jour du procès


Juge Gabranth - Ministère Public contre M. Nacker, PDG de FNM USA, accusé de mise en danger de la vie d'autrui et incitation au suicide. M. le Procureur, votre déclaration préliminaire, je vous prie.

McCoy - Madame le Juge, Mesdames et Messieurs les jurés, l'affaire qui vous est présentée aujourd'hui pourra vous paraître futile, sans véritable importance comparée aux trop nombreux crimes commis dans ce pays. En effet, quoi de plus banal qu'un DVD, en ces temps où l'on en trouve partout, sur n'importe quel sujet ? Quoi de plus apparemment inoffensif qu'un média contenant de la musique, censée adoucir les moeurs selon l'adage bien connu ? Pourtant, dans le cas présent, il s'agit bel et bien de condamner un abus. L'abus de la confiance de gens, dont le seul soi-disant "péché", car ce n'en est pas un, a été de se passionner pour des musiciens, ceux de Pink Floyd, dont l'apport à leur art est aujourd'hui reconnu de tous. Un abus aux conséquences catastrophiques, puisque une personne en est morte.

La défense essaiera de vous prouver que l'éditeur, à savoir l'accusé, ne pensait qu'au bien du public du groupe, qu'il s'agissait de leur offrir une collection d'archives introuvables témoignant de l'histoire de leurs idoles. Il n'en est rien. Nous démontreront, lors de ce procès, que M. Nacker n'a cure des fans de Pink Floyd, qui ne représentent pour lui que des pourvoyeurs d'argent facile. Nous vous démontreront aussi avec quel cynisme les éditions FNM ont mis sur le marché un produit dangereux, prouvant leur complète irresponsabilité au delà de tout doute raisonnable. Et ainsi, je ne doute pas que nous obtiendront, grâce à votre participation, la condamnation que M. Nacker et ses associés méritent.

Juge - La parole est à la Défense, M. Wright ?

Wright - Mesdames et Messieurs les jurés, malgré la gravité des accusations qui pèsent sur mon client, je n'ai pu réprimer un sourire lors de la déclaration de M. McCoy. Quel Talent ! Quelle éloquence ! Mais que d'acharnement aussi ! Mesdames et Messieurs les jurés, je ne vous ferais pas un long discours. Ce que l'on reproche à M. Nacker n'a aucun sens, et nous ne doutons pas un seul instant que les différents témoins que nous appellerons lors de ce procès sauront prouver non seulement sa bonne foi, mais aussi sa parfaite compréhension des attentes des "Floydiens", lui-même étant l'un d'entre eux. Aussi au terme des audiences, je suis certains que vous aurez la sagesse de renvoyer cette homme là où est sa place : avec sa famille.

Juge - Bien. Faites entrer le 1er témoin, Emil Skoda, expert psychiatre, coté par le Procureur. M. McCoy ?

McCoy - Oui votre honneur. M. Skoda, avez-vous déjà vu lors de votre carrière des cas similaires de suicide ?

Skoda - Relativement fréquemment, encore qu'ils soient généralement dû a des déconvenues amoureuses. Les cas présent sont assez différents, plutôt rares, mais pas exceptionnels. On a pu observer des comportements similaires à la sortie de Sessions 2000 de Jean Michel Jarre.

McCoy - En quoi ces deux situations sont-elles similaires ?

Skoda - Dans les deux cas, il s'agit avant tout d'une intense et extrême déception, engendrant un grand déséquilibre psychologique chez le fan. Mais ce qui provoque un retournement violent contre soi-même, c'est le fait que les produits en cause ne soient pas officiels. Sessions 2000 n'a jamais été approuvé par Jean Michel Jarre, et Pink Floyd Live Anthology n'est édité ni par le groupe, ni par EMI, sa maison de disque traditionnelle.

McCoy - Pourquoi cette différence bénigne engendre t-elle une réaction si... Disproportionnée ?

Skoda - Voyez-vous, dans le cas d'un produit officiel de mauvaise qualité, l'instinct naturel du Fan le porte soit vers l'acceptation, soit vers le refoulement. Dans le premier cas, il fera sienne la production de l'artiste, la défendra bec et ongle jusqu'à parfois la guerre ouverte, quand bien même -voire surtout lorsque- le produit en question serait entaché de divers défauts, tels qu'un son de mauvaise qualité, des parties d'instrument ou de chant fausses, ou tout simplement qu'il est mauvais. Les exemples pleuvent : Anoraknophobia, Stupid Dream, Withering to Death, Exciter, Hors Saison, En Passant, Together we're Strangers, la Wii et la DS, Koroshi no Shirabe, la "Ring of Death" 360, Image, The Pros & Cons of Hitch-Hiking, le Voyage de Chihiro, etc, etc, etc...

Dans le second cas, s'il ne peut faire abstraction d'une déception qu'il ne peut se nier à lui-même, et afin de ne pas se faire mettre au ban par les autres fans, il aura tendance à faire comme si le produit n'existe pas, prenant soin de ne pas en parler ou se contentant d'un laconique "il est bon, mais j'accroche pas".

McCoy - Vous venez de nous décrire le mode de fonctionnement d'un fan face à un produit officiel. Nous aimerions aussi savoir pourquoi ce DVD, non officiel donc, a eu un effet si ravageur.

Skoda - Le groupe Pink Floyd, s'il a connu comme tous quelques moments d'égarement ou commis quelques expérimentation pas très heureuses, a la particularité d'avoir un niveau de qualité global parmi les plus élevé, et aussi d'avoir toujours été très soigneux quant à l'aspect technique de leurs productions. Après avoir visionné Pink Floyd Live Anthology, je me dois de signaler qu'il contient absolument tout ce qu'il faut pour traumatiser un fan du groupe : la qualité d'image est effroyable, aussi bien techniquement qu'esthétiquement, le son est régulièrement à la limite de l'audible, et surtout, de certains extraits montrent un groupe pas vraiment au point quant à sa mise en place et sa justesse. C'est à peu près tout ce qu'un floydien ne s'attend pas à voir, en particulier sur un disque vendu dans le commerce. La combinaison "produit non officiel" + "produit nul" a fait que ses auditeurs, traumatisés et privés des gardes-fous traditionnels des fans dont je parlais tout à l'heure, ont retourné leur pulsions violentes sur eux-même, avec le triste résultat que l'on sait.

McCoy - Merci M. Skoda, pas d'autres questions votre Honneur.

Juge - M. Wright, le témoin est à vous.

Wright - Merci votre Honneur. M. Skoda, vous avez dit que des situations comme celle abordée aujourd'hui étaient rares. Pourtant des produits non officiels de mauvaise qualité, il en sort régulièrement, non ?

Skoda - Je vous avoue ne pas avoir fait les magasins pour vérifier cela.

Wright - Et c'est bien normal, ce n'est pas votre travail. Cependant, en tant que psychiatre, que pensez-vous de ces gens qui affirment avoir tué quelqu'un après avoir vu un film, entre autres exemples. Croyez-vous que le film en question soit condamnable.

Skoda - Non, les études ont montré que les gens passant à l'acte sous ce genre de prétextes étaient déjà psychologiquement perturbés, généralement assez gravement.

Wright - Et ne pensez-vous pas que quelqu'un capable de se suicider pour un simple DVD soit "gravement perturbé" ?

Skoda - A première vu on pourrait le croire m...

Wright - Merci M. Skoda, pas d'autre question votre Honneur !

McCoy - Objection, je souhaiterais que le témoin puisse terminer sa phrase !

Juge - Accordé. Continuez, M. Skoda.

Skoda - Le film est souvent pointé comme élément déclencheur, mais il n'est généralement qu'un prétexte. Le DVD Pink Floyd Live Anthology, comme je le disais précédemment, présente un contenu hautement traumatique justement pour ceux à qui il s'adresse expressément. Cela revient à envelopper un Snickers dans un sachet de Mars et à le donner à un amateur de sucreries mortellement allergique à l'arachide.

Juge - Merci, vous pouvez disposer. Faites entrer le second témoin, Mlle Brown, cité par le Procureur.

McCoy - Mlle Brown, racontez-nous comment vous en êtres venu à regarder ce DVD.

Brown - Par l'intermédiaire d'un ami de très longue date. Lorsque les inspecteurs Briscoe et Green m'ont appris que c'était ce disque qui était à l'origine de sa mort, j'ai voulu comprendre.

McCoy - En tant que fan de Pink Floyd vous-même, vous saviez pourtant qu'il présentait un danger pour vous.

Brown - J'ai eu trop confiance en moi, je me disais qu'étant au courant de la dangerosité du contenu, je devrais pouvoir y faire face avec un tant soit peu de préparation psychologique. Je voulais en avoir le coeur net... Et puis il faut bien avouer que la liste de titres était alléchante. Ma plus grande bêtise aura été de ne pas attendre les inspecteurs, qui souhaitaient le regarder avec moi pour en savoir plus.

McCoy - C'est grâce à eux que vous avez la vie sauve.

Brown - Oui, ils sont arrivés à temps.

McCoy - Décrivez-nous les effets de Live Anthology a produit sur vous.

Brown - Au début, j'étais plutôt amusée. Voir ce clip bizarre sur Jugband Blues, avec toutes ces images psychédéliques d'époque, aujourd'hui complètement désuète, c'est quelque chose ! Mais ce genre de trucs ne passe pas longtemps. Et puis dès le second titre, un grand classique, les morceaux ont commencés à être incomplet. Sans compter toujours la laideur de l'image. Les choses ont vraiment mal tourné quand j'en suis arrivé à Let There be More Light. C'était... Comme si toutes les raisons pour lesquelles j'avais toujours cru en ce groupe s'effondraient d'un seul coup. Après j'ai entendu quelques mots de Flaming, et je me suis évanouie. Je ne me suis même pas rendu compte que j'étais en train de m'ouvrir les veines. C'est quand je me suis réveillée à l'hôpital que l'on m'a expliqué que je m'étais auto-mutilée.

McCoy - Merci infiniment Mlle Brown.

Juge - M. Wright ?

Wright - Mlle Brown, il va de soi que nous compatissons à ce qui vous est arrivé mais... Ne pensez-vous pas que ce qui est arrivé à votre ami vous a fragilisé ? Ne croyez-vous pas que votre acte est plus dû au traumatisme de la perte de votre ami d'enfance qu'au visionnage du produit de mon client.

Brown - J'étais -je suis toujours- très affectée, mais pas au point de commettre l'irréparable à mon tour, non.

Wright (tourné vers le jury) - On peut tout de même en douter, Nous savons tous à quel point la douleur de la perte d'un être cher peut nous affecter, n'est ce pas ? (revenant sur Mlle Brown) Vous avez déclaré tout à l'heure avoir trouvé la tracklist du DVD -je cite- "alléchante". C'est bien la preuve que Live Anthology propose des titres rares ?

Brown - Il y a des documents très rares, effectivement.

Wright - Et n'avez-vous pas été heureuse d'avoir enfin pu les voir ?

Brown - Je l'aurais été, monsieur, s'ils n'avaient pas été un tel gloubiboulga d'images laides compilant quelques-unes de leurs pires performances !

Wright - Avez-vous déjà vu le groupe en concert ?

Brown - Oui, lors du Division Bell Tour en 1994.

Wright - Je suppose que cette tournée, la dernière en date, est selon vous le summum de ce qu'ils ont pu offrir en tant que performance live...

Brown - Sans aucun doute !

Wright - Il me semble que lors de cette tournée, un bon nombre de musicien de session les accompagnait.

Brown - John Carin, Guy Pratt, Tim Renwick, Gary Wallis et Dick Parry, d'excellents musiciens, oui.

Wright - Avez vous assisté à des concerts du début des années 70 ?

Brown - J'étais beaucoup trop jeune... Hélas.

Wright - Donc, si j'ai bien suivi Mlle Brown, le mètre-étalon d'une prestation de Pink Floyd à vos yeux, est une méga tournée donnée en 1994 par un groupe ultra rôdé ayant 25 ans de carrière au compteur et soutenu par 5 musiciens de sessions, soit plus que n'en comptait le noyau du groupe lui même à l'époque. Votre jugement me semble particulièrement biaisé... Vous avez regardé le produit de mon client en espérant y trouver une sorte de fantasme de Pink Floyd 1994 jouant des vieux titres. Rien d'étonnant à ce que vous ayez été déçue, voire choquée ! Nous parlons là de prestations live d'un groupe qui n'avait que 3 ou 4 ans de carrière, pas beaucoup de moyens et aucun musiciens additionnel ! Qui nous dit que ce que vous considérez comme "quelques unes de leurs pires performaces" n'était pas leur niveau moyen au début des années 70, tel que Live Anthology en témoigne !?

Brown (prise au dépourvu) - ...

Wright - Je n'ai pas d'autre question, Madame la Juge.

Juge - Merci Mlle Brown, vous pouvez disposer. L'audience est suspendue, nous reprendront demain.


Bureau du Procureur, 8 juillet 2007 (au soir)

Lewin - Vous avez frisé la catastrophe avec votre second témoin, Jack.

Kincaid - J'ai eu Mlle Brown au téléphone, elle se confondait en excuse. Elle regrette d'avoir été surprise au point de ne même pas pouvoir parler d'enregistrements officiels montrant un Pink Floyd 70ies sous un meilleur jour.

McCoy - Il n'y a pas raison de s'inquiéter. Les manoeuvres de ce diable de Wright n'ont certainement pas affaibli la forte impression que le début de son témoignage et celui de Skoda ont laissé sur le Jury. La position de ce Nacker est indéfendable, il est condamné à faire une erreur à un moment ou à un autre. Et je ne la laisserai pas passer.


Tribunal, 9 juillet 2007, 2nd (et dernier) jour du procès (la justice va très vite depuis le Patriot Act)


Juge - Faites entrer le 3ème témoin, M. Billy Sherwood, cité par la Défense.

Wright - M. Sherwod, pouvez-vous nous préciser votre profession.

Sherwood - Je suis musicien professionnel, j'ai eu l'occasion de faire partie de divers grands groupes, dont Yes, au sein duquel j'ai largement contribué à composer Open your Eyes, généralement considéré comme leur meilleur album.

Wright - Êtes-vous amateur de la musique de Pink Floyd ?

Sherwood - Amateur ? C'est un euphémisme cher Maître ! Je suis un très très grand fan de Pink Floyd depuis des années et des années. J'ai même eu l'honneur de leur créer un Tribute Album extrêmement populaire, techniquement impressionnant et très bien reçu par la critique.

Wright (se tournant vers le Jury) - On peut dire que vous êtes une véritable encyclopédie vivante du groupe.

Sherwood - Pardon, vous avez dit ?

Wright - On peut dire que vous êtes une véritable encyclopédie vivante du groupe !

Sherwood - Ah ! Vous me flattez... Mais je crains qu'en toute modestie je doive admettre que vous avez entièrement raison.

Wright - Vous êtes donc largement meilleur juge de la carrière du groupe que... d'autres gens.

McCoy - Objection ! M. Wright essaie de discréditer les témoins du ministère public !

Wright - Je retire ! M. Sherwood, expliquez-nous pourquoi vous avez tenu à témoigner aujourd'hui en faveur de M. Nacker.

Sherwood - Bien qu'étant musicien professionnel, je n'ai pas accès à Internet. Or la plupart des documents Live du vieux Floyd ne sont disponibles que par ce biais, la BBC n'ayant toujours pas ouvert ses archives. Depuis des années je me languissais de ne pouvoir en profiter. Et puis, début mars de cette année, je suis tombé sur le DVD Pink Floyd Live Anthology. Ce fût comme un cadeau du ciel ! Enfin je pouvais moi aussi profiter de ces documents exceptionnels, fidèles témoignages de ce que le Floyd était à l'époque.

Wright - Mesdames et Messieurs les jurés, je tiens à insister sur le fait que le témoin a utilisé les mots "fidèles témoignages". Poursuivez, M. Sherwood.

Sherwood - Alors que je me délectais jour après jour du contenu de ce fantastique DVD, j'ai appris qu'il avait été retiré de la vente et que son éditeur était accusé dans une affaire abracadabrantesque. J'ai aussitôt décidé de témoigner en sa faveur. Je suis scandalisé par ces poursuites, ce n'est pas de la faute de M. Nacker si quelques esprits faibles ne supportent pas la vérité après s'être fait des films sur ce qu'étaient les premières années du Floyd !

Wright - Que répondez-vous à ceux qui accusent M. Nacker d'avoir voulu se faire de l'argent sur le dos des fans ?

Sherwood - Que le prix du DVD était inhabituellement bas, et que le tout fleure délicieusement le produit bien conçu, fait dans le respect à la fois de l'oeuvre de l'artiste et du public.

Wright - Que pensez-vous, personnellement, de M. Nacker ?

Sherwood - je pense que c'est un bienfaiteur pour les fans du Floyd, et qu'il faut lui permettre de se remettre au travail le plus tôt possible afin qu'il nous déniche de nouvelles pépites comme celles de Live Anthology.

Wright - Merci beaucoup, M. Sherwood. Je n'ai pas d'autres questions, votre honneur.

Juge - M. McCoy, vous pouvez procéder.

McCoy - M. Sherwood, vous êtes un fieffé menteur !

Wright - OBJECTION !!

Juge - Accordée. M. McCoy, restez correct je vous prie !

McCoy - Je lis dans le dossier que vous avez été viré du groupe Yes pour médiocrité aggravée...

Wright - Objection, ceci n'a rien à voir avec l'affaire !

Juge - Accordée.

McCoy - ... l'album Open your Eyes est largement considéré comme une belle daube, et je suis gentil...

Wright - Madame le juge, faites quelque chose !

Juge - M. le Procureur !

McCoy - ... enfin j'ai pu vérifier que votre Tribute soi-disant "extrêmement populaire et très bien reçu par la critique" était en fait une scandaleuse arnaque faites sous Paint Shop notée 2/10 sur dvdreamscape.fr, le site de référence des DVD musicaux.

Wright - Objection ! OBJECTION !

Juge - M. le Procureur, veuillez cesser immédiatement ou je vous condamne pour outrage !

McCoy - Je suis désolé votre Honneur, mais certaines vérités devaient être rétablies. J'en ai fini sur ce sujet. M. Sherwood, vous dites avoir été très intéressé par ce DVD parce que vous n'aviez pas accès à ces archives live.

Sherwood - C'est exact, je n'ai pas accès à Internet.

McCoy - Aucun de vos proches n'est connecté ?

Sherwood - Je n'y ai... jamais pensé.

McCoy - Etonnant pour un fan comme vous de n'avoir jamais eu la curiosité de demander. Êtes-vous toujours aussi... négligent avec les choses qui vous passionnent ?

Wright - Objection !

Juge - Rejetée. Répondez à la question M. Sherwood.

Sherwood - Et bien... Non mais... Vous savez on ne peut pas penser à tout !

McCoy - Admettons... Mais si vous connaissez si bien la carrière du groupe, aviez-vous vraiment besoin de ces archives ?

Sherwood - Et comment ! Vous pensez ! Flaming chantée par David Gilmour au lieu de Syd Barrett, Sysyphus, le mythique morceau de Rick Wright, It Would be So Nice aussi, sans compter ce futur extrait d'Animals...!

McCoy - Futur extrait d'animals ?

Sherwood - Oui, Raving and Drooling !

McCoy - Je ne vois pas ce titre sur la tracklist...

Sherwood - Pourtant je l'ai entendu !

McCoy - Permettez moi d'en douter ! Je suis certains que vous ne l'avez pas entendu, pas plus que vous n'avez entendu le reste du contenu de ce DVD, et je peux le prouver !

Wright - Je suis impatient de voir ça !

Juge - Moi aussi, M. McCoy, expliquez-vous.

McCoy - M. Sherwood n'a pas pu écouter ce DVD, pour la simple et bonne raison qu'il est sourd !

(Stupeur dans la salle)

Vous semblez être très doué pour lire sur les lèvres, M. Sherwood, mais si l'on s'adresse à vous sans vous regarder, comme M. Wright l'a fait tout à l'heure, vous êtes perdu ! Cessez cette supercherie et avouez !

Sherwood - ...

Juge - Parlez, M. Sherwood !

Sherwood - C'est vrai ! C'est vrai, je suis sourd !

McCoy - Vous n'avez donc jamais entendu la moindre note du DVD en question.

Sherwood - Non... Ni vu une seule image ! J'ai été payé par FNM pour témoigner en faveur de M. Nacker !

McCoy - Pourquoi avez-vous fait cela malgré les risques d'accusation de parjure que cela implique ?

Sherwood - Les temps sont dur financièrement. Mon Tribute Album a fait une flop, de même que mon album avec Chris Squire... J'avais besoin d'argent j'ai... Accepté de témoigner. Mais... Comment avez-vous deviné que j'étais sourd ?

McCoy - Il se trouve que l'ancien procureur général, Adam Schiff, aimait beaucoup le groupe Yes. Pour avoir dû subir Open your Eyes à l'époque, je sais qu'il est absolument impossible pour qui que ce soit de l'écouter en entier sans devenir sourd. Nous avons même dû équiper nos bureaux de distributeurs de boules Quiès. Etant son compositeur, il était évident que vous ne pouviez être passé au travers de cette malédiction. Lorsque vous avez demandé à M. Wright de répéter sa question, votre sort était scellé. Madame la Juge, je demande à ce que le témoignage de Billy Sherwood soit radié des épreuves du procès.

Juge - Evidemment. Le Jury ne devra tenir aucun compte des déclarations de M. Sherwood. Vous pouvez disposer, monsieur. Accusé Edward Nacker ? Veuillez venir à la barre, je vous prie. M. Wright ? C'est à vous.

Wright (quelque peu dépassé par les évènements) - Hein ? Oh ! Pardon, oui votre Honneur... M. Nacker, comprenez-vous vraiment pourquoi vous êtes assis dans ce tribunal aujourd'hui.

Nacker - Je vous avoue que non. Je ne suis qu'un simple éditeur de DVD musicaux, qui souhaitait simplement faire profiter le public de ses connaissances et découvertes. Je suis absolument navré de la mort de Mme Sanson, et croyez bien que je compatis à la douleur de sa famille, mais j'ai l'impression de n'être qu'un bouc-émissaire.

Wright - Vous avez vous-même sélectionné les extraits présenté dans Live Anthology.

Nacker - C'est exact. Je reconnais que leur aspect technique n'est pas parfait, mais leur intérêt historique était tel que leur présence sur le DVD me paraissait indispensable.

Wright - En tant que fan du Floyd ?

Nacker - Oui, en tant que fan du Floyd. Moi aussi j'aime ce groupe, moi aussi je connais leur musique. Je suis un participant régulier du forum Speak of Life, consacré au groupe.

Wright - Comprenez-vous que l'on puisse vous accuser d'avoir traiter la production de ce DVD par "dessous la jambe" ?

Nacker - Live Anthology a été pressé avec tous les soins nécessaires voire plus, et avec autant de moyens que ce que mon entreprise peut se permettre. Il n'y a certe pas de livret, mais le reste est irréprochable ! Tout ce qui a été fait l'a été pour le plaisir du fan, celui d'avoir à domicile une collection variées d'archives fantastiques et introuvables ! Le reste n'est qu'allégations fumeuses !

Wright - M. Nacker, je crois que votre bonne foi ne fais aucun doute. J'en ai fini votre Honneur !

Juge - M. McCoy ?

McCoy - Avec plaisir ! Vous dites être un participant régulier du site... Comment déjà ?

Nacker - Speak of Life.

McCoy - Vous pourrez sans doute nous donner le pseudonyme sous lequel vous participez, cela nous permettra de vérifier votre date d'inscription et votre nombre de message ?

Nacker - Vous m'avez mal compris, monsieur, je suis un lecteur assidu, mais je ne participe pas, je me contente de lire.

McCoy - Comme c'est pratique !

Nacker - C'est pourtant la vérité ! Je suis un lecteur assidu de Speak of Life, le forum officiel consacré au groupe, j'y vais au moins une fois par jour !

McCoy - Et malgré cela vous n'êtes pas capable de nous donner le nom correct du site !?

Nacker - Pardon ?

McCoy - Le véritable nom du forum officiel Pink Floyd, excellent et peuplé d'un grand nombre de gens de très bonne compagnie soit dit en passant, s'appelle Speak of Floyd.

Nacker - Oui, suis-je bête, j'ai du confondre avec...

McCoy - Avec ?

Nacker - ...

McCoy - Avec Signs of Life, peut-être ? Vous savez ce qu'est Signs of Life, je suppose ?

Nacker - Un album du groupe... ?

McCoy - Non, l'instrumental d'ouverture de l'album Momentary Lapse of Reason. Vos connaissances me paraissent dramatiquement limitée pour un fan !

Nacker - C'est sans doute le stress d'être ici aujourd'hui !

McCoy - Permettez-moi d'en douter ! Pouvez-vous me dire quel est leur album le plus vendu ? A quelle date est sorti The Wall ? La maladie dont souffrait Syd Barrett ? Où ont-ils fait un concert sans public ? Le pianiste de The Final Cut ? Le titre de leur dernier album ? La guitare préférée de David Gilmour ? Le thème du premier disque solo de Roger Wa...

Wright - Objection ! Le procureur harcelle mon client !

McCoy - M. Nacker prétend être un fan du groupe, qu'il le prouve ! Ce sont des questions simples, auxquelles n'importe quel amateur pourrait répondre !

Juge - Rejetée.

McCoy - Nous attendons, M. Nacker !

(aucune réponse de l'accusé, qui semble vouloir se fondre dans son siège)

McCoy - Les réponses étaient : The Dark Side of the Moon, 1979, Schizophrénie, Pompeï, Michaël Kamen, The Division Bell, une Stratocaster et l'Auto-Stop. M. Nacker, vous êtes à peu près autant fan de Pink Floyd que je ne le suis de Tina Arena ! Je suppose que les mots "Atom Hear", laissé par votre première victime, ne vous diront rien non plus ?

Wright (se levant vivement) - OBJECTION !! Mon client a déjà été innocenté des charges relatives à la mort de John Pratt !

McCoy - Il a été innocenté sur la base qu'Atom Heart Mother ne figurait pas sur Live Anthology !

Juge - Et ?

McCoy - Votre Honneur, j'affirme que la chanson Atom Heart Mother est belle et bien présente sur le produit de M. Nacker !

Juge - Objection rejetée. Mais je vous préviens, M. McCoy, que vous avez intérêt à être extrêmement convainquant !

McCoy - Permettez-moi de vous montrer, à vous et aux membres du Jury, un extrait de Live Anthology.

(un huissier installe le matériel nécessaire, pendant que McCoy fait circuler le boîtier du DVD parmi les membres du Jury)

McCoy - Derrière le boîtier, vous pouvez tous constater qu'en 10ème position, est censé se trouver le morceau Careful with that Axe Eugene. Rendons-nous donc directement sur cette piste.

(Une image de qualité effroyable montre quelques caisses marquées du nom du groupe, pendant que l'intro méconnaissable d'un morceau est jouée. Le point de vue change, pour montrer une scène de concert donné au Japon. Soudain, stupeur : les mots Atom Heart Mother s'inscrivent en toutes lettres en plein milieu de l'écran !)

McCoy - Votre Honneur, le morceau actuellement joué a été formellement identifié comme étant Atom Heart Mother par un officier assermenté de la Police de New-York ! Je tiens à ajouter aux chefs d'accusations l'incitation au suicide sur monsieur John Pratt !

Juge - Cela va de soi ! Et... qu'est-il arrivé au morceau initialement annoncé ?

McCoy - Careful with that Axe ? Il est présent, votre Honneur, sur la même piste. Il suffit d'attendre la fin d'Atom Heart et nous pourront l'entendre.

Juge - Vous êtes en train de nous dire qu'un morceau non crédité sur la jaquette a été chapitré en lieu et place d'un autre et qu'il faut faire un avance-rapide pour accéder à ce dernier ?

McCoy - Précisément.

Juge - Mais... ?

McCoy - Comment est-ce possible ? J'ai mon idée sur la question, et je pense que M. Nacker se fera un "plaisir" de confirmer : contrairement à ce qu'affirme l'accusé, ce produit a tout simplement été fabriqué à l'arrache, sans aucun respect pour le public. Rendez vous compte qu'il a réussi à oublier de créditer sur la jaquette un morceau dont le titre est écrit en énorme sur la vidéo qu'il a sélectionné ! Avouez, M. Nacker, que la lisibilité du menu est atroce, qu'il a été programmé par des amateurs, que la navigation est ubuesque, que les morceaux ne sont pas correctement crédités, et j'en passe !

M. Nacker - OUI, C'est vrai !!! Que croyez-vous ? Que les éditeurs de DVD sont de bons samaritains ? Qu'ils sont là pour vous faire plaisir ? On est là pour faire du FRIC, monsieur, le plus possible ! Des gogos fans de Pink Floyd il y en a à chaque coin de rue, ils sont tellement faciles à duper ! Une ou deux vieilleries et ils achètent sans réfléchir ! Vous ne croyez tout de même pas qu'on va laisser filer une manne pareille !?

McCoy - Pour de l'argent facile, vous avez volé leurs vies à deux personnes, volés leur père ou leur mère à plusieurs enfants. Si, M. Nacker, j'aurais aimé que vous laissiez filer cette manne. D'autant que vous vous trompez. Bien sûr les éditeurs cherchent à faire de l'argent, mais certains savent le faire en respectant le public, bien qu'ils n'aient parfois pas plus de moyens que vous. Je pense que vous aurez bientôt tout le temps qu'il faut pour regarder les DVD d'IQ en prison.

Juge - M. McCoy, vos conclusions je vous prie.

McCoy - Je serais bref. Cet homme affirmait penser au public. Il n'en est rien, comme il vient de vous le prouver. Laissez-moi cependant vous rappeler encore une fois quel méfait il n'a pas hésité à mettre en vente libre. Un DVD, à la pochette indigne d'un travail d'écolier de CE2 ; une technique infâme, des images proprement irregardables, de bout en bout ; un son épouvantable, lorgnant régulièrement vers le monophonique, la lisibilité en moins évidemment ; un décalage son/image permanent ; un contenu indigne, où la moitié des morceaux sont incomplets, certains d'entre eux ne durant parfois même pas une minute ; un menu illisible et foireux ; une tracklist incomplète, et j'en passe. C'est inqualifiable. Deux personnes sont mortes à cause de ce résidu de poubelle. C'est impardonnable. Par respect pour ses victimes, mais aussi en gage gratitude envers tous les éditeurs consciencieux qui, heureusement, ne manquent pas sur le marché des DVD musicaux, je vous demande, mesdames et messieurs les jurés, de condamner lourdement M. Nacker.


Tribunal, 10 juillet 2007, verdict.


Juge - 1er Juré, le Jury est-il parvenu à un verdict ?

1er Juré - Oui votre Honneur.

(l'huissier transmet la note contenant la décision du Jury au juge)

Juge - 1er Juré, au premier chef d'accusation, mise en danger de la vie d'autrui, quel est votre verdict ?

1er Juré - Coupable.

Juge - 1er Juré, au deuxième chef d'accusation, incitation au suicide sur Pauline Sanson, quel est votre verdict ?

1er Juré - Coupable.

Juge - 1er Juré, au troisième chef d'accusation, incitation au suicide sur John Pratt, quel est votre verdict ?

1er Juré - Coupable.

Juge - L'audience est levée !


FIN

Un grand merci à Dick Wolf pour Law & Order / New-York District.
Un petit merci à Capcom pour Gyakuten Saiban (et pardon d'avoir fait jouer un mauvais rôle à Ryûichi Naruhodo / Phoenix Wright.
Aucun merci à Yasumi Matsuno pour avoir tellement planté Final Fantasy XII que je n'ai pas pu me rappeler du nom de la Juge femme…


09-07-2007


1967/1981 - Lieux très divers


01. Jugband blues
02. Set the controls for the heart of the sun - Incomplète
03. Interstellar overdrive - Incomplète
04. Let there be more light
05. Flaming
06. It would be so nice - Extrait de 30 secondes à tout casser
07. Sysyphus - Extrait de 40 secondes, section non identifiée
08. Cymbaline
09. A saucerful of secrets - Section "Heavenly" seulement
10. Careful with that axe Eugène
11. Comfortably numb - Directement tirée du bootleg "Divided we fall", les désynchros en plus

et...

 

 

 

et.....

 

 

 

et.......

 

12. Atom Heart Mother, glissée entre Saucerful et Careful !


David Gilmour, Syd Barrett - Chant, guitare   
   Nick Mason - Batterie
Roger Waters - Basse, chant    
   Richard Wright - Claviers