Mise en scène vraiment impressionnante, un beau rattrapage pour certaines chansons de l'album, un bonus passionnant

Note globale


Setlist décevante, et le public qui ne connaît toujours pas le respect

Editeur : Universal
Durée totale : 3 h 41

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Image        PAL

Joli Canard WC d'or (éviter l'édition limitée comme la peste)
Making-of : L'ombre des autres (34 min 16/9)
Conception des décors (7 min 16/9)
Conception des costumes (7 min 16/9)
Clip sur les costumes (4 min 16/9)
Interviews (18 min 16/9)
Angle alternatif sur Ange Parle-Moi et Avant que l'Ombre (13 min 16/9)

Réalisé par François Hanss, collaborateur de longue date et seul réalisateur collant à l'esprit Boutonnat, le film se révèle une grande réussite (/mode Didier Deschamps on/, ça devient une habitude dans mes chros de Farmer) tant sur le plan artistique que technique. Belle image, belles couleurs, beaux plans, du tout bon, si l'on excepte cette manie de ne pas filmer les chorés comme il faut.
Les pistes stereo et DD 5.1 sont à fuir à tout prix. Enregistrées à un volume ridicule, elles n'ont de surcroît aucun punch. Le Dolby Digital se permet en prime d'être aussi enveloppant qu'un 78 tours mono. Heureusement, le DTS vient tout corriger même si, comme toujours chez Mylène, l'utilisation des canaux arrières laisse à désirer.
Un peu le point noir de ce live. Les morceaux d'Avant que l'Ombre ont beau mieux passer en live, ils restent pour la plupart en-deçà de ce que l'on peut attendre de Farmer. Les autres titres présents quant à eux font quasiment tous doublon avec les précédents live. Enfin, deux albums sont carrément passés à la trappe. Quand on n'en a que six, ça la fiche mal.
Le documentaire "Scene by scene views" vaut à lui seul la note, tant il regorge d'informations passionnantes. Histoire d'en illustrer une partie, un coup d'oeil au "live alternatif" d'Avant que l'Ombre (la chanson) s'impose. Le reste marquera moins mais se laissera regarder avec plaisir.

Une chronique de Mylène Farmer - Avant que l'Ombre… à Bercy... en 2008... Soyons franc, ça n'intéresse personne. C'est vrai ! Il n'a suffit que de quelques semaines, que dis-je, quelques misérables jours à ce DVD pour devenir la meilleure vente DVD musicaux de 2006, alors qu'il est sorti en décembre. D'où la quasi-inutilité de cette chronique : personne ne nous a attendu pour l'acheter, ou alors la renommée de ce site dépasse toutes nos espérances ! Mais c'est pas grave, on va le chroniquer quand même... Ne serait-ce que parce qu'on a tout Farmer sur notre base de données, à part bien sûr "En Concert", dont le statut actuel est hors de notre juridiction (n'est ce pas Universal Polydor ? Vous attendez quoi pour le sortir ? La victoire du HD-DVD ? Du Betamax ? Du 78 tours half-speed-mastered ?).
Tout a été dit sur ce spectacle, sur son énormité, sur son intransportabilité (voir le documentaire "Scene by scene views" des bonus), sa mégalomanité (moi aussi j'ai le droit d'inventer mes rimes, comme les candidats aux présidentielles). Tout a été dit aussi sur Mylène Farmer, y compris dans ces pages. Comment alors réussir à écrire encore quelque chose de neuf ? Excellente question, et si vous n'en trouvez pas la réponse, vous saurez pourquoi j'ai une année de retard dans l'écriture de ces lignes.
Notre histoire commence à la sortie d'Avant que l'Ombre, un album qui, au contraire de ses prédécesseurs, a été unanimement, ou peu s'en faut, encensé par la critique, celle-ci ne ratant jamais une occasion de devenir lèche-boules pile au moment où il ne le faut pas. Côté public, par contre, l'album n'a pas fait que des heureux, la faute à son aspect "album de commande" bien trop prononcé. Tout s'est passé comme si Mylène Farmer, en léger manque d'idées, s'était contentée de reprendre les canons de son propre univers (un peu de Dark, un peu de Satan, un peu d'érotisme, une dosette de mélancolie et de bonnes rasades de textes ciselés niveau images littéraires) et de les recycler comme on recycle une formule, donnant lieu à un disque très "déjà vu", en prime à la production sujette à caution pour la première fois depuis... jamais ?
Le risque avec une série de concerts indéplaçables et hors de prix, suivant la publication d'un album bancal qui n'a par conséquent pas eu autant de succès qu'escompté, était pour l'artiste, son mentor et ses producteurs, de limiter les dégâts en appliquant frileusement la même formule en se contentant de faire "plus". Plus gros, plus loin, plus technique, mais aussi plus désincarné. C'est avec un grand plaisir que l'on a pu constater que tel n'était pas le cas. Oui, "Avant que l'Ombre à Bercy" joue beaucoup sur la démesure et la mégalomanie, mais sans jamais perdre de vue ni l'univers de l'artiste, sans le surexploiter, ni surtout l'envie d'en mettre plein la vue au public, style "wow" mâchoire pendante et yeux écarquillés, selon une approche non pas à sensation forte, mais plutôt basée sur une volonté d'émerveillement. Si vous me passez la métaphore, c'est la différence entre, à Disneyland, la colline de Peter Pan et le Space Mountain : les deux sont géniaux, mais le premier fait plus appel à l'imaginaire que le second, m'voyez ?
Partant sur cette base d'émerveillement permanent, Farmer et son équipe ont franchi un nouveau palier dans le concept de spectacle total, comme le montrera mieux que toutes mes explications l'excellentissime documentaire "Scene by scene view" déjà cité plus haut, lequel revient à la fois sur les défis et contraintes techniques posés par la réalisation de la mise en scène et sur les tenants et aboutissants artistiques entourant ceux-ci. D'autres documentaires sont aussi accessibles dans les bonus, concernant les costumes et les images projetées lors du concert et abordés via d'enrichissantes et suffisamment détaillées interviews avec leurs auteurs respectifs. Un dernier doc, s'attardant sur le making-of des concerts, aurait pu être beaucoup plus consistant s'il n'avait pas été virtuellement muet... Tant pis, Scene by scene le remplacera avantageusement.
Etonnament, le seul point noir concernant la mise en scène vient de Mylène elle-même. Rassurez-vous, elle n'est pas soudainement devenu nulle. On peut d'ailleurs être surpris de constater qu'il a fallu un live énormissime à Bercy pour se rendre compte que finalement à défaut de puissance, elle a désormais une voix vraiment fiable, tant elle est parfaite d'un bout à l'autre du spectacle (sans overdubs, on a pourtant bien cherché). Mais revenons à nos moutons. Ce qui est beau est aussi, fréquemment, ce qui est rare. Une chose banale qui peu à peu se raréfie devient souvent belle. Comme par exemple un paysage enneigé en hiver, un animal en voie de disparition, ou un boitier CD avec socle noir au lieu d'être transparent… Le même cheminement d'esprit peut être appliqué au corps humain. Tout puritanisme ou intégrisme mis à part (on parle d'érotisme, là), un corps - féminin ou masculin, faut pas croire que les filles ne se rincent pas l'œil…- toujours caché représente un mystère source d'attirance et de beauté. A contrario, un corps toujours dévoilé finit par perdre de son sel. C'est donc avec une certaine incrédulité qu'on remarquera au fil de ce spectacle que Mylène, quasiment toujours très très court vêtue, n'est jamais aussi belle que lorsqu'elle est la plus habillée. Je vous laisse méditer sur les captures d'écrans pour comprendre.
Au rayon des points forts, outre donc sa mise en scène de la mort, Avant que l'Ombre réussit à réhabiliter en partie l'album qui lui a donné son nom. Si l'on n'avait que peu de doute quant au passage en live de la chanson titre (servant dans le cas présent de morceau de clôture avec une surprenante réussite), il n'en était pas de même pour une Redonne-Moi un peu trop larmoyante ou une Peut-être Toi trop technoïsante. Surprise, la seconde s'est transformée en un morceau d'ouverture du feu de dieu, et la première en un passage émouvant, les deux grâce une fois de plus à une mise en scène extrêmement réussie. D'un point de vue purement musical, sa version live plus "groovy" parvient même à rendre agréable, voire appréciable,... QI. Oui, QI. Et c'était pas gagné. Toujours dans les "plus", Nobody Knows nous montre que son statut de Ghost Track ne l'empêche pas de faire partie des Highlights du petit dernier. Par contre, rien à faire pour Porno-Graphique dont le passage scandé reste cheapos au dernier degré, ni pour Fuck Them All dont les refrains tombent toujours aussi désespérément à plat (il manque une bonne grosse guitare saturée à la "Live à Bercy").
Les fans habitués (pléonasme ?) de la belle rousse seront par contre un peu déçus de trouver une setlist passablement redondante par rapport aux autres live une fois écartés les titres du dernier album. Dommage, c'est un écueil qu'avait su éviter Farmer sur les deux - voire trois - précédents films de tournées (En Concert, Live à Bercy et Mylénium Tour). On peut sans doute l'expliquer par la nécessité de compenser les chansons relativement mal aimées d'Avant que L'Ombre mais que l'auteur voulait défendre en live (elle a bien fait cela dit, vu le paragraphe précédant) avec des morceaux plus connus histoire de draîner les réfractaires à la cuvée 2005 (j'en connais). Cela reste néanmoins regrettable, en particulier lorsqu'il s'agit de se taper pour la troisième fois la version Live "pleurs inclus garantis par contrat" de Rêver.
Ceci étant dit, je profite de ces lignes pour lancer un message, non, une supplique aux sus-cités fans : allez-vous finir par apprendre à la BOUCLER !? Depuis Live à Bercy on s'en plaint, et pas d'amélioration à l'horizon. Ça devrait couler de source, mais manifestement non, pas chez les fans de Farmer, alors je vais le redire : quand une artiste, à fortiori une que vous aimez (le prix de votre place de concert était suffisamment élevé pour le prouver) chante une chanson triste accompagnée par un simple piano, on ne se met pas à couiner comme un merdeux mal élevé dans un magasin à chaque pause dans la chanson ! C'est irrespectueux de l'artiste, des musiciens, de tout le staff, du reste du public, des acheteurs du DVD, et surtout c'est d'une puérilité et d'une bêtise tellement impardonnables que ça mériterait d'être foutu à la porte de la salle à coup de pieds au cul. Je veux dire, bordel, même les adolescentes japonaises qui squattaient les concert d'X-Japan (X-Japan putain !) avaient appris à la fermer lors des ballades ! Et pourtant y'a de bonnes raisons de crier pendant une ballade d'X-Japan : ne plus l'entendre, par exemple. Mais non, elles ont appris à respecter la musique de leur groupe, elles. Alors, fans de Farmer, va falloir vous y mettre, et vite ! (NDBaker : D'autant que cette tendance à beugler parce que le voisin de gauche et celui de droite le font se rapproche dangereusement du phénomène de masse, fléau insidieux de notre belle époque dorée).
Pour finir, un petit message à ceux qui n'ont, comme nous, pas pu assister en direct au spectacle et qui attendent (enfin… ont attendu) ce DVD pendant presque un an. Nous ne saurions trop conseiller d'en acheter la version avec boitier standard, afin d'éviter la crise de nerfs et, pour les plus malchanceux (Baker, baisse la main !), l'échange pur et simple, tant l'édition collector mériterait que son concepteur soit désigné candidat à la prochaine émission de télé réalité SM réhabilitant les bonnes vieilles tortures à la Grecque, si chères à Tantale et Prométhée (j'avoue une préférence pour le second (NDBaker : D'ailleurs il aurait déclaré : Prométhée-moi de plus faire les cons. Ju sors.)). Sorti au mois de décembre, Avant que l'Ombre à Bercy gagne In Extremis, mais à l'unanimité des votants et sans la moindre contestation possible, le prix Canard WC 2006 du packaging le plus pourrave. Faites-le circuler auprès de vos potes, et comptez ceux qui arrivent à le refermer sans tout péter. Y'en a pas ? C'est normal, c'est concept. Concept aussi, sans doute, les slipcases carton trop serrés dans lesquels sont glissés, à leur grands risques et énormes périls, les DVD... quand ils ne sont pas carrément collés dans les bordures, arrachant tout et rendant le DVD défectueux avant la première seconde ! Ça c'est du travail bien fait, tiens… Mais trève d'acharnement, vociférons tant que nous le voulons contre les maisons de disques et les faiseurs de packaging shootés à la colle, mais n'accablons pas Mylène.
Car Mylène n'a vraiment pas de chance. Imaginez que dans le monde entier, il a fallu que l'auteur de ces lignes.... a) écoute du rock japonais ; b) parmi le rock jap' écoute du Gackt ; c) parmi la tonne de DVDs de Gackt ait acheté Kagen et Jôgen no Tsuki ; d) ait fait la chronique des deux DVDs sus-cités ; e) aime aussi Mylène Farmer ; f) ait acheté ce Avant que l'Ombre à Bercy ; g) fasse partie du seul site existant de chroniques entièrement consacré aux DVD musicaux ; h) soit justement celui en charge de la chro du précédemment cité Avant que l'Ombre à Bercy. Et là, alors qu'elle présentait en première (française… justement !) un élément de mise en scène dont le sublime n'a d'égal que l'exploit technique (sur lequel l'un des documentaires en bonus, toujours le même, revient avec force détails, sans compter un très réussi film alternatif de la chanson Avant que l'Ombre), la voilà droit dans le mur (d'eau) à se faire casser son coup par un sale morveux qui a déjà parlé, capture d'écran à l'appui, d'une tournée de Gackt datant de 2002 où il y avait déjà ce fameux mur d'eau. Ô Rage, Ô désespoir, Ô Play-Asia ennemi, que ce sinistre individu disparaisse à jamais dans les profondeurs désenchantées !

Go to Hell ! You don't know what it feels like to be a misunderstood creative genius !

Et pourtant, qu'importe. Qu'importe puisque, même si jamais sur ce site elle ne pourra se prévaloir d'une grande première quant à cet effet scénique, jamais cependant nous ne nierons l'incroyable beauté de cette pluie artificielle, d'autant que l'exploit cette fois ne se limite pas à un simple mur. Dieu n'a jamais pu faire pleuvoir des lettres ou des silhouettes. La Divine Fermière, si. Amen.


04-02-2008

Janvier 2006 - Palais Omnisport de Paris-Bercy (Paris)


01. Introduction
02. Peut-être toi
03. XXL
04. Dans les rues de Londres
05. California
06. Porno-graphique
07. Sans contrefaçon
08. Q.I.
09. C'est une belle journée
10. Ange, parle-moi
11. Redonne-moi
12. Rêver
13. L'autre
14. Désenchantée
15. Nobody knows
16. Je t'aime mélancolie
17. L'amour n'est rien
18. Deshabillez-moi
19. Les mots
20. Fuck them all
21. Avant que l'ombre


Mylène Farmer - Chant   
   Yvan Cassar, Eric Chevalier - Claviers
Peredur Ap Gwynedd (un nom très Tolkiennesque !), Milton McDonald - Guitare   
   Paul Bushnell - Basse
Abraham Laboriel Jr. - Batterie, chant   
   Nicolas Montazaud - Percussions
Esther Dobong'Na Essiene, Johanna Manchec - Choeurs