Excellentes chansons, une collaboration Gore/Gahan fructueuse, le 5.1

Note globale


(6+8) / 2


Pas de SACD, arrangements peu inspirés, sons moches et datés

Editeur : Mute
Durée totale : 1 h 37

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Image        NTSC

Un unique écran pendant l'album, c'est se moquer du monde. Le making-of est également assez laid, surtout pour un produit de 2009. Seul le clip bénéficie d'une vraie définition.
Album complet en 5.1 (60 min)
Trois remixes (22 min, stéréo)
Making-of (10 min, st fr uk)
Clip de Wrong (3 min)
Un 5.1 une nouvelle fois extrêmement réussi, et plus que bienvenu pour faire passer la pilule de chansons aux arrangemens souvent très laids. Seul le format SACD manque à l'appel, ce qui se ressent un poil question finesse, laquelle n'a jamais été le fort du DTS.
Pour peu qu'on arrive à passer outre les bzzzzzzruiupbrrrruuuuu qui servent de sons à l'album, on découvrira l'un des meilleurs disques de Depeche Mode, à peine en deça de la trilogie des Nineties.
Le documentaire manque de l'aspect "rétroactif" pour être au niveau de ceux des remasters, mais c'est un peu normal, et l'on ya apprendra néanmoins quelques petites choses, dont le pourquoi du comment de l'instrumentation. Mention Très Bien pour le clip de Wrong.
Indépendamment de ses qualités et défauts, sur lesquels nous reviendrons un peu plus tard, Sounds of the Universe aura eu un effet extrêmement positif sur le petit monde de la musique électronique : mettre fin aux presque 15 années d'existence d'une conception, que dis-je - d'une idéologie voulant que les synthés analogiques soient vraiment trop vachement plus mieux que les synthés digitaux, parce que plus "chaleureux". Si vous ne savez pas exactement ce qui se cache derrière ce terme, rassurez-vous, personne ne le sait, pas même ceux qui l'emploient. C'est un peu comme le qualificatif "magique" utilisé à propos d'un film de Miyazaki : quand on n'a plus aucun élément concret pour en dire du bien, ou pour passer sous silence les éléments qui dérangent (comme un passéisme qui tient du réactionnaire), rien de mieux que ce genre de terme vague. Ça ne veut rien dire, mais ça donne une impression de classe, de finesse et de supériorité intellectuelle.
J'invite les lecteurs de ces lignes à jeter une oreille sur la suite Révolution Industrielle de Jean Michel Jarre, quasi-entièrement faite sur des synthés digitaux. Sonne-t-elle "froide" ? Parce que, enregistré sur un synthé digital ou analogique, un morceau sonnera avant tout de la façon dont son auteur veut qu'il sonne. Et si aux mains d'un artiste sans inspiration, un synthé digital pourra sonner froid, aux mains du même artiste, un synthé analogique pourra sonner moche, voire daté. Car sonner daté n'est pas non plus réservé aux albums des années 80. La preuve ? Sounds of the Universe.
Il y a deux façons d'aborder cet album : la première consiste à l'écouter une fois en entier, de rester sans voix face au mauvais goût des sons employés et à la répétitivité des arrangements, et de ne jamais y revenir. La seconde consiste à s'acharner un peu pour découvrir l'argent classieux des compositions sous l'épaisse couche d'oxyde de la production, chose à laquelle la rédaction de DDS s'est attelée, d'où la parution très tardive de cette chro (mais vous avez l'habitude !). Le documentaire bonus de l'édition "collector standard" chroniquée ici nous explique que, lors de la création de l'album, Martin Gore s'est trouvé une passion pour les vieux synthés analogiques, dont il a acquis une belle collection sur Ebay. Ce qui, selon les canons en vigueur abordés au début de cette chro, aurait dû être annonciateur d'un album "chaleureux", s'est avéré un disque plombé de sons, cfqd, moches et datés.
Des "BZZZZZ" de l'intro aux "WIWIWI" de la conclusion, tout Sounds of the Universe semble exister pour inciter l'auditeur à écrire à Martin Gore et le supplier de reprendre son Emulator I. Comment un groupe précurseur a t-il pu se complaire dans une vision aussi étroite de la musique électronique, au point de singer des See You Later de Vangelis ou des Radio-Activity de Kraftwerk avec respectivement 29 (!!) et 34 (!!!!) ans de retard reste un mystère, dont on ne peut espérer qu'une seule chose : que ça ne se reproduise jamais. Plus gênant encore, les arrangements, tous identiques. Prenez une petite boite à rythmes, programmez-y une petite rythmique sans dynamique, ajoutez une basse flatulente séquencée, quelques notes de guitares, et vous obtenez une chanson de Sounds of the Universe, où une quantité de bruitages de mauvais goûts et de sons dont même Mirwaïs ne voudrait pas ne servent qu'à meubler un paysage sonore laissé en frîche par des arrangements faméliques. Une écoute rapide des démos ne laisse d'ailleurs voir que peu de différences entre celles-ci et les versions définitives, à part pour y ajouter les bruitages sus-mentionnés, tel le "BUBUBUBUBUBUBUBUP" ponctuant ridiculement chaque phrase du refrain de Peace.
Mais alors, après ces deux paragraphes de lynchage, que reste-t-il de Sounds of the Universe ? Un Exciter bis en version réac ? Un disque de commande commis par un groupe dinosaurisé qui ferait mieux d'arrêter ? Rien de tout cela. Plutôt le meilleur album de Depeche Mode depuis Ultra. Car cachée derrière les tonnes de sons moches, c'est une large majorité de chansons excellentes qui constitue la moelle de l'album. Un songwriting inspiré, varié - même si les arrangements n'aident pas l'auditeur à le remarquer -, des textes malins (notamment In Sympathy), des tubes (In Chains, Wrong, de nouveau In Sympathy…), une collaboration Gore-Gahan beaucoup plus réussie que sur Playing the Angel, qui se traduit non seulement par plus de chansons (de meilleures chansons) signées Gahan, mais aussi par un duo vocal qui couvre cette fois avec succès la majorité de l'album, non juste quelques refrains, et parfois même des trouvailles sonores, des vraies, sidérantes au milieu du reste, telle la guitare improbable de Corrupt : voilà ce qu'il faudra retenir de Sounds of the Universe, au prix sans doute de nombreux grincements de dents devant tant de mauvais goût sonore.

Etienne Daho, sors de ce corps ! Non, pas c'ui là, euh...

Et pour aider l'auditeur à passer outre, rien de mieux qu'un bon gros 5.1 des familles, qui pour le coup ne décevra en rien les habitués du groupe. A l'image des remasters, c'est un traitement de roi auquel a eu droit Sounds, avec de nouveau une spatialisation parfaite et une qualité sonore sans faille. Il faut dire qu'avec le nombre de bruitages présents sur l'album, rater la spatialisation tenait de l'incompétence pure, mais une réussite mérite toujours mention, d'autant qu'au contraire de Comatosoporificose d'Exciter le 5.1 s'étend à tous les instruments. Seul regret, l'absence d'une version SACD, support hélas définitivement maudit. Il ne reste plus maintenant qu'à espérer que Depeche Mode saura conserver cette inspiration, tout en redonnant à ses sons un petit coup de jeune la prochaine fois, parce que si les sons de l'univers ressemblent vraiment à ce qu'on trouve sur ce disque, je comprends pourquoi la conquête spatiale n'a pas avancé depuis 30 ans.


28-07-2010

2009 - Royaume-Uni


01. In chains (NDBaker : Et on sent qu'ils ont écoute Alice)
02. Hole to feed
03. Wrong (NDBaker : Tiens qu'est-ce que je disais ?)
04. Fragile tension
05. Little soul
06. In sympathy
07. Peace
08. Come back
09. Spacewalker
10. Perfect
11. Miles away / The truth is
12. Jezebel (NDBaker : Et on sent qu'ils ont écouté des vieux Commodore 64)
13. Corrupt (NDBaker : Tiens qu'est-ce que je disais ? ^^)


Dave Gahan - Chant   
   Martin Gore - Guitare, claviers, choeurs
Andrew Fletcher - Claviers   
   Christian Eigner - Batterie